Éolien en mer : l’après Dunkerque

L’attribution du dernier appel d’offres au prix record de 44€/MWh marque un tournant pour l’éolien en mer tricolore. La filière a gagné son pari – celui de la compétitivité – et attend désormais de voir son avenir déverrouillé.

Le 14 juin dernier, l’ex-ministre de la Transition écologique et solidaire était à Saint-Nazaire pour une journée sur le thème de l’éolien en mer. Le même jour, François de Rugy a ainsi lancé le premier parc tricolore au large de Saint-Nazaire (attribué en avril 2012) et dévoilé le nom du lauréat de l’appel d’offres de Dunkerque. La comparaison entre les deux projets permet de constater le chemin parcouru depuis la première compétition. En effet, si EDF est lauréat dans les deux cas, la ressemblance s’arrête là.

Un projet neutre pour les finances publiques

A Dunkerque, quelque 45 turbines de 12 à 13 MW chacune (600 MW en tout) produiront 2,3 TWh/an d’électricité à partir de 2026, à un tarif tellement bas que le gouvernement pourrait bien se voir reverser de l’argent alors qu’il avait prévu une enveloppe de 2 milliards d’euros de subventions. En effet, le mécanisme de complément de rémunération prévoit que lorsque le prix de marché sera supérieur à 44€/MWh, c’est l’État qui récupérera la différence. EDF prévoit ainsi de lui reverser 1,5 milliard d’euros en 20 ans. Moins optimiste, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) estime que le projet pourrait, au pire, coûter 540 M€ et au mieux rapporter 266 M€. En comparaison, le projet de Saint-Nazaire (68 éoliennes de 7 MW) bénéficiera, à partir de 2022, d’un tarif d’achat de 143,6 €/MWh, représentant quelque 3,5 milliards d’euros de subventions sur 20 ans. […]

>> Lire la suite dans le Journal de l’éolien n°35 (Juillet-Septembre 2019)