Dossier EMR et biodiversité : des interactions mal connues

Alors que les changements climatiques représentent une menace croissante pour la biodiversité mondiale, les énergies marines renouvelables représentent une solution pour limiter les émissions de gaz à effet de serre et ainsi infléchir l’accroissement des températures. Pour autant, cela ne doit pas nous dispenser de réfléchir aux effets spécifiques de ces technologies sur leur écosystème.

Sylvain_Michel4Sylvain Michel, chargé de mission « usages industriels & aménagements maritimes » à l’Agence française pour la biodiversité

Née en 2016, l’Agence française pour la biodiversité (AFB) a pour mission d’améliorer la connaissance, de protéger et de sensibiliser à la biodiversité terrestre, aquatique et marine. A ce titre, elle intervient à tous les stades de développement des projets d’énergie marines renouvelables (EMR).

Quels sont les impacts, connus ou en cours d’identification, des EMR sur la biodiversité ?

Les impacts potentiels des projets d’EMR sur la biodiversité sont nombreux et complexes. Certains acteurs ont tendance à les résumer aux perturbations acoustiques des mammifères marins durant l’installation et aux risques de collision pour les oiseaux marins durant l’exploitation. Mais ces espèces protégées ne sont pas les seules exposées. Par exemple, les navires de chantier, provenant généralement de loin car très spécialisés, présentent un risque d’introduction d’espèces non-indigènes. Les champs électromagnétiques rayonnés par les câbles électriques sont susceptibles de perturber la faune bentho-démersale, bien que ces effets soient encore sujets à débat. En bref, les impacts concernent potentiellement tous les maillons des chaînes trophiques, depuis le plancton jusqu’aux prédateurs supérieurs.
Des impacts positifs peuvent également être constatés. Par exemple, l’effet récif des fondations peut augmenter la production locale de biomasse et/ou la diversité végétale et animale, par colonisation des infrastructures immergées. Le parc peut ainsi produire un « effet réserve » favorable à l’ichtyofaune, en lui fournissant un abris vis-à-vis des activités de pêche. Les EMR étant des technologies récentes, les conséquences à long terme sont encore délicates à prédire, ce qui […]

 

 

>> Lire l’article dans le numéro annuel Mer Veille Energie 2019