Eolien : Vergnet ressuscité ?

Après avoir frôlé la disparition, le pionnier de l’éolien tricolore est revenu dans le vert en 2018. Son nouveau pilote, l’ex banquier Patrick Werner, défend sa stratégie.

Le 11 mars dernier, Vergnet publiait ses résultats annuels pour 2018. Les premiers depuis son sauvetage à la barre du tribunal de commerce d’Orléans. Les premiers dans le vert aussi, après trois années de déficits. Entre 2017 et 2018, l’entreprise est ainsi passé d’une perte de 4,6 millions d’euros à un bénéfice de 0,6 million d’euros, tandis que le chiffre d’affaires s’est maintenu à 19,2 millions d’euros. Pour Patrick Werner, le nouveau président du directoire de Vergnet, c’est la preuve que « Vergnet est redressé ». Pourtant l’entreprise revient de loin et même son « sauvetage » ne fait toujours pas l’unanimité.

Repreneur contesté

En effet, suite au placement en redressement judiciaire de Vergnet, le 30 août 2017, un autre candidat au rachat avait emporté l’adhésion des salariés (représentés par le comité d’entreprise) et d’une partie de la presse. Le développeur de projets renouvelables Global Ecopower (GEP) proposait pourtant de supprimer la moitié de l’effectif (de 130 collaborateurs) mais son offre était jugé « plus réaliste ». En face, le consortium emmené par Patrick Werner ne présentait aucune composante industrielle. Malgré un parcours brillant dans la finance, l’ex-banquier, « père » de la Banque Postale reconverti en gestionnaire de patrimoine, n’a pas d’expérience dans l’énergie. Mais le principal point noir de l’offre résidait surtout dans la participation au projet de la société Krief
Group, fondée par Louis Petiet. Cet homme d’affaires « repreneur en série » est associé à la faillite de plusieurs sociétés telles que la chaîne de magasins Soho, le géant du textile DMC ou encore le fabricant de véhicules électriques Heuliez. Dans la reprise de la société Isotherma, il a même été condamné pour escroquerie en 2015. Le mode opératoire est souvent le même, explique le journaliste Cyprien Boganda dans son livre « Le business des faillites » : Louis Petiet « promet la lune » à la barre du tribunal mais « dans l’immense majorité des cas, l’argent n’arrive pas »…
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>> Lire l’intégralité de l’article dans le Journal des énergies renouvelables n° 247 (avril/mai/juin 2019)